2 500 personnes défilent au son de la techno à Rennes
dimanche 07 décembre 2008
Des centaines de teufeurs venus des départements de l'Ouest ont dansé au rythme de la techno, hier après-midi dans les rues de Rennes, sans le moindre incident, sous les regards bienveillants des passants. : Marc Ollivier.
La parade organisée par le collectif des sound-systems, hier après-midi, dans les rues de Rennes, s'est déroulée dans une ambiance festive et sans le moindre incident.
« Faites la fête, profitez-en. C'est pas tous les jours qu'on peut danser dans les rues ! » Vêtu d'une combinaison blanche, des fleurs dessinées sur le visage, un jeune homme se trémousse au son de la techno, hier après-midi, à Rennes. Cette année, la rave en marge des Trans Musicales n'a pas eu lieu. Alors, ils sont des centaines comme lui à avoir investi la rue pour faire la fête et défendre les cultures alternatives.
La parade des sound-systems de l'Ouest est partie de la plaine de Baud vers 14 h. « On attendait huit chars, on en a douze. Les gens viennent de Bretagne et d'autres régions de France. Il y a une forte mobilisation », s'enthousiasme Rabin, un des organisateurs.
Les chars, à la déco originale et inspirée, avancent au pas en direction de la place de Bretagne. Les passants, un peu surpris mais le regard amusé, s'arrêtent pour regarder ce drôle de cortège qui crache des décibels. Et des slogans : « La fête est un droit, laissez-nous vivre ! »
« Notre pari est réussi »
Derrière les sonos, les jeunes, de plus en plus nombreux, dansent sans retenue. La plupart ont revêtu des déguisements, des chapeaux, des lunettes, des accessoires... L'ambiance est bon enfant. Les policiers restent discrets. Deux voitures des forces de l'ordre ouvrent et ferment la marche.
Les amateurs de techno profitent de l'événement pour passer quelques messages. Des tracts, distribués au public, dénoncent « la répression brutale qui frappe les sound-systems ». Les organisateurs de soirées demandent « une place pour la culture free à Rennes, et l'ouverture d'un dialogue concernant le off des Trans, qui existe depuis 12 ans maintenant ».
Tranquillement, la parade effectue sa boucle sur les quais de la Vilaine. Après plus de trois heures de marche, les chars reprennent la direction de la plaine de Baud. Au micro, un musicien invite les danseurs à se disperser dans le calme, « sans causer de débordements en ville. »
À la fin du défilé, quand les sons se taisent, Mickey, membre d'un sound system, a le sourire. « Notre pari est réussi. Tout s'est bien passé. Dès l'année prochaine, on repartira en négociation avec la ville et la préfecture, pour trouver un terrain susceptible d'accueillir une rave en marge des Trans. »
Hier, vers 20 h, les participants avaient tous quitté la plaine de Baud. Une fête techno devait se tenir dans la soirée, à l'extérieur de Rennes, dans un endroit tenu secret.